Mobilité numérique et management

Aujourd’hui identifiée comme un des enjeux du numérique, la mobilité interpelle le management de l’organisation à plus d’un titre. Le premier qui vient à l’esprit du manager est sans doute la sécurité du système d’information. Les collaborateurs seront-ils assez vigilants, en toutes circonstances ? Auront-ils bien perçu la valeur du patrimoine immatériel de l’organisation, que l’évolution de leur mode de travail peut menacer à travers des gestes qui peuvent sembler anodins ? Mais cet aspect sécuritaire n’est pas le seul. 

Quelles tâches pour les « bureaux mobiles » ?

Avant de faire entrer la mobilité dans le processus organisationnel de l’entreprise, le dirigeant doit avoir bien perçu la nature des tâches relatives aux nouvelles fonctions mobiles, comme l’explique le professeur Cho, pilote d’un des projets de recherche de la Fondation CIGREF « l’Utilisation des téléphones intelligents comme vecteurs d’innovation dans la coordination organisationnelle ».

Une réflexion sur fond de paradoxes !

Une des raisons qui fait de la mobilité un des enjeux du numérique, c’est qu’elle répond à la pression des collaborateurs de l’entreprise. Les dirigeants voudraient-ils refuser que les terminaux personnels se connectent au système d’information que les salariés le feraient quand même ! En effet, une étude IDC & Bouygues Telecom, réalisée en mai 2012, révélait déjà que « les salariés outrepassent le refus des DSI d’accéder au SI de l’entreprise via des terminaux mobiles personnels ». Elle notait aussi que 61% des salariés équipés de Smartphones télétravaillaient, tandis qu’officiellement le télétravail n’était que de 9%.

Dans le même temps, les salariés reconnaissent travailler avec leurs outils mobiles sur leur temps personnel, que ce soit pendant le week-end ou pendant les vacances, voire devant la télé ou dans les transports ! Les frontières entre vie professionnelle et vie privée s’estompent. Ainsi, en faisant pression pour connecter leurs terminaux mobiles au SI de l’entreprise, les collaborateurs créent les conditions de cette dérégulation du temps professionnel.

Des changements organisationnels

Le secteur privé n’est pas le seul à devoir gérer des changements organisationnels du fait des usages numériques. La fonction publique également. Une note d’analyse du Centre d’analyse stratégique, réalisée en janvier 2013 sur les conditions de travail dans la fonction publique, constate que « l’introduction des TIC s’accompagne souvent de modifications organisationnelles (travail en équipe ou en réseaux, autonomie des agents, assouplissement des lignes hiérarchiques) qui tendent à rapprocher le secteur public du secteur privé ».

L’étude note que le numérique permet une plus grande flexibilité du temps de travail et que certaines catégories d’agents, notamment des cadres, sont « mobiles » : « ils travaillent au moins la moitié du temps dans l’organisation mais exploitent l’ensemble des dispositifs informatiques pour travailler à distance, notamment le smartphone qui se diffuse très rapidement ».

Que de nouveaux défis numériques pour les managers !

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