Gouvernance associative et culture numérique

Réduire la fracture numérique

Il peut sembler paradoxal, alors que le nombre d’internautes a doublé dans le monde de 2007 à 2012 (il est passé de 1,15 à 2,27 milliards), d’évoquer encore aujourd’hui de devoir manager au sein d’une organisation ce que l’on pourrait appeler « une fracture numérique » !

Cette fracture numérique existe pourtant et se manifeste de différentes façons, que ce soit entre responsables associatifs eux-mêmes et entre les adhérents à la structure. Les principales sources de cette fracture peuvent s’associer à la capacité d’accès au web, aux écarts technologiques, mais aussi et surtout aux habitudes et aux savoir-faire numériques, ceci quelle que soit l’origine sociale des utilisateurs. On constate que si cette fracture, en termes de culture numérique, peut suivre l’écart générationnel, ce n’est pourtant pas toujours le cas ! Quelles qu’en soient les causes, les dirigeants associatifs doivent prendre en compte de tels écarts qui sont de nature à opposer les personnes et enrayer les rouages de l’organisation. Sans être « geeks » pour autant, certains membres ont tendance à fantasmer les outils numériques et leurs usages, tandis que d’autres peuvent à l’inverse les diaboliser. Entre ces extrêmes, il arrive que le regard porté sur les usages numériques au sein de l’association tende à occulter le véritable cœur de métier de celle-ci : son projet associatif, sa mission, qui sont ce qu’en attendent les adhérents présents et potentiels.

Instaurer une culture numérique

Alors même que les discours s’emballent sur le fait sociétal « médias sociaux », que les entreprises se préoccupent de RSE (réseaux sociaux d’entreprise), de Cloud Computing, de risques numériques, d’e-réputation, d’objets connectés, de mobilité, de Green IT, de BYOD (Bring your own device) (travailler avec son propre matériel numérique)… quelle réponse les dirigeants associatifs doivent-ils apporter au sein de leurs organisations aux questions de fracture numérique ?

Il n’existe sans doute pas de réponse toute faite… Pour autant il appartient au dirigeant de prendre en compte le sens dans lequel s’inscrit le monde quand il devient numérique. Les outils numériques facilitent un mode de gouvernance transparente et participative qui sont deux valeurs dont se réclame la culture numérique qui se dessine.

Mais qu’est-ce que la « culture » ? Selon la définition donnée par l’UNESCO,  « la culture peut aujourd’hui être considérée comme l’ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l’être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances ».

En tant que microcosme sociétal porteur de valeurs et d’influence, l’association et son écosystème s’inscrivent comme maillons forts de la société à laquelle ils appartiennent. C’est donc à double titre que l’engagement numérique de l’association prend tout son sens:

  • pour optimiser sa propre efficience sur le terrain social qui est le sien,
  • pour contribuer à l’écriture de notre nouvelle culture numérique.

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