Gérer le changement…

Au sein d’une société civile en pleine mutation, les associations éprouvent une grande difficulté à anticiper les changements et à en gérer les conséquences. A titre d’exemple, combien de grandes associations possèdent en leur sein un groupe de prospective. Quelles sont celles qui disposent, sur leurs secteurs d’activités, d’un observatoire de l’évolution des comportements humains ?

L’action associative impose plus que jamais de savoir concilier statut associatif et activité économique. Les règles du jeu ne sont plus ce qu’elles étaient. Cette constatation sera-t-elle suffisante pour vaincre l’inertie conservatrice, et assurer le développement (ou la survie) du projet associatif ? Dans ce secteur, la notion de « changement » prend tout son sens : elle représente même une valeur fondamentale, qui peut non seulement permettre l’adhésion et l’identification au projet, mais surtout engendrer l’engagement des acteurs. « …Adhérer est un choix librement consenti, tandis que l’engagement va encore plus loin. Il implique que je me sente responsable de la réalisation d’une vision…»*.

Dans les associations, si le changement est souvent souhaité, il est toujours redouté. Dès lors, faut-il comme le suggèrent certains observateurs, créer une crise pour favoriser et accélérer la prise de conscience ? Face aux incertitudes et aux modifications de son environnement, l’association peut adopter trois attitudes :
– la réaction
– l’adaptation
– ou l’anticipation.
Cette dernière repose sur une vision qui est l’apanage des leaders, dès lors que ceux-ci savent la faire partager. Les notions d’anticipation et de vision génèrent une réflexion prospective, considérée comme une démarche fédératrice et mobilisatrice des énergies humaines. « …Considérer l’avenir non plus, comme une chose déjà décidée et qui petit à petit se découvrirait, mais comme une chose à faire...» (Gaston Berger).

L’enjeu est clair : Toute association doit chercher en permanence à affirmer son utilité sociale par la pertinence de son projet. Mais il lui faut également sécuriser son financement et répondre à l’exigence naturelle de transparence. Cette dernière n’est pas seulement d’ordre financier.

Gérer le changement ensemble, élus et permanents !

Optimiser la relation élus-permanents permet de développer « ensemble » au sein de l’association, une fonction permanente de veille stratégique qui consiste « …à identifier les tendances lourdes et à détecter les facteurs d’inflexion et de rupture, tout en repérant les défis qui y sont liés…»**.
___________________________

* La cinquième discipline – Peter SENGE – l’art et la manière des organisations qui apprennent
** Futuribles – Bertrand de Jouvenel

Laisser un commentaire