Dirigeant associatif et responsabilité

Dans un monde numérique où l’on est de plus en plus présent sur les réseaux sociaux, où l’on passe de plus en plus de temps sur des terminaux mobiles, a-t-on encore, et du temps, et l’envie, le besoin de s’engager ? A-t-on encore quelque chose à offrir à la société ?

Que sont les dirigeants associatifs devenus ?

De tous temps, une des premières préoccupations du monde associatif a été le « recrutement » de dirigeants associatifs. La prise de responsabilité étant un frein pour certains, et le « pouvoir » une mauvaise raison pour d’autres…

En 2005, Jacques ION, un groupe de militants, de professionnels et de chercheurs, sont allé à la rencontre de membres d’associations diverses pour tenter d’éclairer les évolutions du monde associatif et celles du « métier » de Dirigeant associatif. Leur travail a été publié sous le titre « que sont les dirigeants associatifs devenus ». 

En 2012, les bénévoles ne manquent pas…

Une enquête de France Bénévolat intitulée « la France bénévole », publiée en mai 2012, indique que nous sommes entre 11 et 12 millions de Français à figurer au rang des bénévoles d’une ou plusieurs associations. Pourquoi ? « …Source d’épanouissement personnel, le bénévolat permet de donner du sens à sa vie à tout âge. Si le bénévole met ses compétences au service de son engagement, il en acquiert d’autres, dont il aura une large utilité dans ses études, comme dans sa vie professionnelle. Il aura aussi à cœur de les partager au sein du secteur associatif, notamment dans une démarche de transmission entre les générations ».

Et l’engagement associatif ?

« … Adhérer est un choix librement consenti, tandis que l’engagement va encore plus loin. Il implique que je me sente responsable de la réalisation d’une vision... »
Peter SENGE
La cinquième discipline – l’art et la manière des organisations qui apprennent

Toujours selon l’enquête « la France bénévole », au-delà de la seule adhésion, la notion d’engagement resterait présente : « les bénévoles marquent l’influence de leur engagement dans leur vie, dans leurs études, dans leur recherche d’emploi, dans leur parcours professionnel et dans leur vie post professionnelle. D’une manière d’autant plus incontestable qu’ils le font sur des sujets concrets, ils expriment à quel point se préoccuper des autres les satisfait et les épanouit ».

Responsabilité du dirigeant associatif à l’ère numérique

L’organisation à l’ère numérique reste confrontée aux mêmes problématiques inhérentes au management associatif, telles que par exemple la relation élus-permanents qui implique toujours de savoir faire jouer la complémentarité des fonctions plutôt que de laisser s’installer la confusion des rôles. Cela passe obligatoirement par une définition claire de la notion de « responsabilité partagée », notion synonyme d’initiative et garantie d’efficacité pour l’action associative…

« …Curieuse notion que la responsabilité. On la fuit comme on la recherche.
On s’en défausse comme on s’en pare. On y accède comme on la quitte.
On use du même vocable pour y désigner un pouvoir, pour attribuer une faute,
ou louer une assomption…
».
A. ETCHEGOYEN – Le temps des Responsables

Le numérique, au sens large, bouscule le rapport au temps et à l’espace à la fois personnels et professionnels, il bouscule également le rapport du dirigeant à la prise de décision ! Certes, le numérique met le monde à portée de clic, mais cette « simplification » influe aussi sur le rapport aux autres. Dès lors, si les échanges sont plus faciles, face au nivellement des échanges, leur rapidité, le « métier » de Dirigeant associatif a évolué. Celui-ci doit s’adapter et gérer cette nouvelle responsabilité. Y accéder ou la quitter devient encore plus rapide !

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