Associations, un pilotage original !

Les associations sont contraintes à concilier pertinence de leur projet et performance de leurs activités économiques. Pour y parvenir, peuvent-elles adopter et reproduire les modèles de fonctionnement des organisations traditionnelles sans y « perdre leur âme » ?

De toutes les formes d’organisations, l’association est probablement celle dont le pilotage est le plus original. L’aspect le plus complexe réside sans nul doute, dans la maîtrise de la relation entre élus et permanents. Les premiers se sont vus confier un mandat d’administrateurs par l’Assemblée Générale. Ils ont le pouvoir d’orientation et de décision stratégiques que leur confère leur légitimité institutionnelle. Les seconds ont été recrutés sur des critères techniques. Ils ont pour seule légitimité, leurs compétences professionnelles. Quelle légitimité, pour quels pouvoirs ? Telle est la question centrale qui peut dynamiser ou paralyser l’action associative.

Toute action associative vise d’abord à « créer du lien » et son « utilité sociale » lui sert de premier critère de performance. Pour autant, l’association peut-elle faire fi de la clarté et de la qualité de son propre mode d’organisation ?

Éclaircir les secrets de leur fonctionnement interne est devenu d’autant plus nécessaire que les associations s’orientent aujourd’hui vers des activités économiques qui leur imposent de nouvelles contraintes.

Ainsi, plongés au cœur d’un environnement de plus en plus complexe, et dotés de cartes différentes, les « joueurs » sont-ils invités (ou contraints) à participer à la nouvelle donne de l’action associative ? Cette mutation a nécessairement des effets sur le jeu des acteurs (élus ou permanents) au sein d’une structure appelée à devoir « concilier efficacité économique et éthique associative ».

La compréhension des êtres humains « associés » dans un ensemble organisé de type Loi 1901, est souvent traitée sous un angle instrumental, voire utilitariste : valorisation économique du bénévolat, gestion des ressources humaines, aspects juridiques liés au volontariat, etc… Il existe a contrario peu de littérature sur la dynamique humaine dans les organisations associatives. Compte tenu de l’hétérogénéité du champ, je limiterai mon propos à l’analyse de la relation élus-permanents au sein de l’Association. La qualité de cette relation constitue, en effet, une des cartes maîtresses de la nouvelle donne de l’action associative.

Savoir gérer toute la complexité d’un ensemble humain, composé de bénévoles et de salariés, représente un réel facteur – clef de succès, c’est-à-dire une compétence que toute structure Loi 1901 doit savoir maîtriser afin de rendre son action efficace et performante.

Pour y parvenir, chaque association doit accepter de relever le défi qui consiste à éclaircir son fonctionnement interne et notamment à clarifier la nature de la relation élus-permanents.

Association rime avec organisation

L’article premier de la Loi du 1er juillet 1901 contient, à lui seul, tous les descriptifs habituellement utilisés pour caractériser une organisation : « l’association est une convention par laquelle deux ou plusieurs personnes mettent en commun d’une façon permanente leurs connaissances ou leur activité dans un but autre que de partager des bénéfices ».

Par définition, sans individus il n’existe pas d’organisation. Celle-ci est le moyen privilégié dans les sociétés actuelles pour « … atteindre des buts, au-delà de ce que peut faire un individu, dans des conditions qui garantissent une relative maximalisation de l’efficacité… ».

Une organisation – quel que soit son statut – naît lorsqu’il y a des personnes capables de communiquer entre elles. Il y a d’abord la nécessité d’une volonté personnelle de participer. Puis la volonté de maintenir l’efficacité par rapport à un objectif commun tout en veillant à la pérennité des contributions. Les trois éléments constitutifs d’une organisation sont donc : un but commun, la communication et la volonté de servir.

L’efficacité de toute organisation réside dans le maintien en équilibre des activités de l’organisation tout en apportant suffisamment de satisfactions aux individus qui réalisent ces activités. Ainsi, engagés dans une action organisée, les individus doivent-ils assurer leur coopération, tout en reconnaissant leurs diversités (et souvent même leurs divergences). Ils leur faut à la fois « se distinguer » tout « en collaborant » pour que le projet associatif se réalise.

L’association – organisation humaine avant tout – renvoie d’une part à l’acteur individuel et d’autre part au réseau complexe de relations entre les différents individus et groupes au sein de la structure. Mais, cette dernière, est également un lieu d’idées, de croyances et de valeurs qui s’expriment au travers de symboles ; ceux-ci déterminent, dans une large mesure, le comportement des différents acteurs.

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