Associations, crise et mutations

Une gouvernance associative plus complexe

Les associations ne sont pas épargnées par la crise économique. A double titre : d’une part elles doivent répondre à plus de besoins générés par une société qui va mal, et d’autre part elles doivent gérer ces attentes avec des ressources en baisse, notamment les subventions publiques.

Quant aux mutations, déjà amorcées depuis une dizaine d’années, elles s’accélèrent. Le secteur associatif doit, comme le secteur marchand et l’entreprise, s’adapter aux transformations numériques en cours. Il doit aussi trouver – et conserver – les ressources humaines (bénévoles et salariés) dotées de compétences indispensables dans un environnement de plus en plus concurrentiel, laissant de moins en moins de place à l’amateurisme. 

En octobre, Deloitte a publié une étude réalisée auprès de 2 400 associations en collaboration avec le CNRS-Centre d’Economie Sociale, sous le titre « Les associations entre mutations et crise économique – Etat des difficultés ». L’objectif de cette étude est de mieux évaluer les problématiques du secteur associatif et de permettre ainsi aux dirigeants associatifs d’orienter leur action.

Au rang des problématiques relevées par cette étude, on recense par exemple que « le renforcement des contraintes juridiques condamne le secteur associatif à rejeter tout amateurisme et à maintenir un professionnalisme total dans tous les domaines », comme l’explique Jean-Pierre Vercamer, Responsable du secteur associatif chez Deloitte.

On note également que si le nombre de créations d’organisations associatives est en hausse, 80% des associations interrogées déplorent une diminution de leurs ressources, baisse des financements publics, qu’ils soient sous forme de subventions ou autres. Cette baisse oblige les dirigeants associatifs à une recherche de financements alternatifs. Les augmentations du coût des prestations délivrées par l’association ne seraient pas la solution, trop pénalisantes pour les usagers.

Tendance à la professionnalisation

Les difficultés rencontrées par les associations ne sont pas seulement d’ordre financier. La gestion des ressources humaines s’inscrit également en première ligne des problématiques de gouvernance associative, que ce soit pour les associations employeurs ou dans le recrutement de dirigeants bénévoles. Renouveler les instances dirigeantes relève de plus en plus du casse-tête, notamment pour les petites et moyennes structures.

Les contraintes institutionnelles croissantes exigent que les dirigeants associatifs fassent preuve de compétences juridiques face à une « judiciarisation » exponentielle du secteur, qu’ils maîtrisent les modifications législatives ou réglementaires indispensables à l’exercice de leur activité associative.

Cette tendance à une indispensable professionnalisation des ressources humaines, salariées ou bénévoles, de l’association ne facilite pas le renouvellement des responsables qui s’est toujours inscrit comme un défi dans la gouvernance associative !

Laisser un commentaire