Association, un modèle à trois dimensions

Toute organisation se caractérise par un ensemble de dimensions, dont il est souvent difficile de se représenter les multiples composantes. Néanmoins cet exercice est nécessaire pour mieux saisir la complexité de l’organisation associative. Avoir une « représentation partagée » du fonctionnement de la dynamique humaine au sein d’une structure associative facilite l’échange et contribue largement à optimiser la relation élus / permanents. Certes, toute représentation théorique est naturellement réductrice… mais le recours à un modèle de nature tridimensionnelle* traduit une volonté d’explication pédagogique et poursuit un objectif d’appropriation d’un référentiel commun, par le plus grand nombre.

L’axe instrumental

Rendre l’action associative efficace et pertinente, nécessite la mise en œuvre de moyens technico-économiques, ce qui constitue la première dimension du modèle. « …Si la légitimité de l’association vient de l’adéquation de son projet à une demande sociale, le premier signe de sa vitalité, de sa réalité, et de son utilité, c’est sa capacité à équilibrer ses recettes et ses dépenses par la création de ressources propres… »**.

La coordination des diverses activités, (services fournis, harmonisation des tâches, gestion financière…) est rendue plus complexe dans les associations par les différents types d’environnements dans lesquels elles évoluent et par la diversité des réseaux de leurs partenaires publics ou privés. Aujourd’hui, la performance de la production associative se joue de plus en plus sur le terrain économique et elle doit pouvoir être conciliée avec le statut associatif de la structure.

L’axe relationnel

Le fonctionnement associatif se caractérise, en second lieu, par sa dimension socio-relationnelle incluant l’approche Ressources Humaines. Celle-ci reconnaît que les individus ont des besoins (aux premiers rangs desquels figure le développement personnel) et qu’ils sont animés par des sentiments.

Pour être performante, l’organisation associative doit donc être adaptée aux individus qui la composent et servir à leur propre valorisation. Mais cette dernière ne peut exister qu’en interdépendance avec les autres « associés ». Cette régulation des relations interpersonnelles, cette maîtrise des jeux internes, cette capacité à coopérer, permettent le bon fonctionnement du fait communautaire associatif, et surtout, en assure la cohérence.

Savoir organiser la qualité, l’intensité et la cohésion du travail bénévole constitue un puissant critère de différentiation entre associations concurrentes. Face à la baisse actuelle du nombre d’acteurs – candidats à la prise de responsabilité -, l’attention portée au recrutement et à la formation ainsi qu’une animation conviviale constituent une profonde exigence de la nouvelle donne de l’action associative. Comme pour toute organisation, l’association doit donc savoir gérer les répercussions internes des problèmes existentiels de ses membres, surtout à une époque caractérisée, pour chaque individu, par une recherche d’identité personnelle.

L’axe culturel

Du fait de sa mission même, l’association se caractérise, dans son fonctionnement, par une forte dimension symbolique. Cette approche est bâtie autour des concepts de VISION et de SENS. Elle délaisse l’hypothèse de la rationalité pour lui préférer la notion de « culture », davantage animée par « des rites, des mythes et des tabous »    que par des règlements et des stratégies. L’association est souvent un théâtre : les acteurs de la pièce interprètent des personnages et le public se forge une opinion à partir du spectacle auquel il assiste : « … les problèmes apparaissent lorsque les acteurs jouent mal, lorsque les symboles se vident de leurs significations et lorsque les rituels perdent de leurs forces ».

Dans l’association, cette dimension symbolique est renforcée par la nature de l’implication des principaux acteurs. L’engagement bénévole peut entrer en conflit avec les exigences mêmes du projet associatif. Ainsi les enjeux de pouvoir sont-ils souvent masqués par des discours sur les valeurs.

En résumé

L’action associative résulte de l’émergence d’un champ de forces qui – empruntant aux 3 dimensions du modèle – produit un système d’orientations et de normes propres à chaque structure Loi 1901. Ce champ de forces peut-il être maîtrisé et servir ainsi à la définition et à la réalisation du projet associatif ? Nous sommes là au cœur d’une des problématiques spécifiques du secteur : celle du type de relation qui unit les administrateurs élus et les professionnels permanents.

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* La traque de la qualité vers un management tridimensionnel – René J. ROBIN – (Ed. d’organisation)
** Manager vos associations – C. ROCHET – (Ed. Calmann-Levy)

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